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Base de données B2B : scraper, acheter ou exporter les données des entreprises ?

Par La rédaction CheckersPublié le 11 min de lecture

Une base de données B2B se constitue de trois façons : en scrapant des sites, en achetant un fichier, ou en exportant les registres publics. Le scraping paraît gratuit, il ne l’est pas : lire une seule fois chacune des 27,8 millions de fiches du registre, au rythme poli d’une page par seconde, prendrait environ 11 mois — avant de nettoyer, de rapprocher et de tenir à jour. Sur Checkers, un fichier filtré par activité, territoire et taille s’exporte en quelques minutes, à partir de 2,5 centimes la ligne.

Sommaire

Qu’est-ce qu’une base de données B2B, et que doit-elle contenir ?

Une base de données B2B (de l’anglais business to business) est une liste d’entreprises, et non de particuliers, assez riche pour choisir celles à démarcher et pour les joindre. On l’appelle aussi fichier de prospection. Sa valeur tient moins à sa taille qu’à trois qualités : être juste (une entreprise radiée ou un mauvais secteur font perdre un appel), être à jour (des milliers d’entreprises se créent, déménagent ou ferment chaque semaine) et être filtrable (par activité, territoire, taille, ancienneté).

Une fiche utile réunit, pour chaque entreprise :

  • son identité : SIREN, dénomination, forme juridique, adresse du siège, date de création, statut (active ou radiée) ;
  • son activité et sa taille : code NAF, effectif, capital, nombre d’établissements ;
  • ses dirigeants, pour savoir à qui s’adresser ;
  • ses finances : chiffre d’affaires et résultat, quand les comptes sont publiés ;
  • ses coordonnées : site internet, téléphone et e-mail de contact, réseaux sociaux ;
  • les événements de sa vie : procédure collective, transfert de siège, changement de dirigeant — ce qui fait d’une entreprise un bon ou un mauvais prospect ce mois-ci.
entreprises actives
14 979 402
sur 27 830 499 immatriculées
sociétés commerciales actives
4 584 232
SAS, SARL, SA, SNC…
entreprises actives aux comptes publiés
1 014 507
et lisibles au registre
entreprises actives avec un site rattaché
752 869
soit 5 %

Ces quatre chiffres disent où est la difficulté. L’identité de quinze millions d’entreprises est connue ; les comptes ne sont lisibles que pour une petite partie d’entre elles, et un site internet sûr pour 5 % seulement — 12 % parmi les sociétés commerciales.

Pourquoi scraper des données d’entreprises prend autant de temps

Prenons le cas le plus favorable : un programme qui lit une fiche d’annuaire par seconde, sans jamais être bloqué. Lire une fois les 27 830 499 entreprises du registre lui prendrait 322 jours, environ 11 mois — et une fiche complète en demande souvent plusieurs pages (dirigeants, comptes, annonces). Aller plus vite, c’est multiplier les adresses et les serveurs, et se faire repérer plus tôt : les sites protègent leurs pages contre les robots, et répondent alors par un refus ou une page de vérification.

Lire n’est pourtant que le début. Nous avons construit la base de Checkers à partir des registres publics : voici ce que cela a demandé, et que tout projet de collecte retrouve sous une forme ou une autre.

  • Des volumes que l’on ne lit pas en un week-end. 39,3 millions d’actes et 7,1 millions de bilans déposés au registre national des entreprises, 50,4 millions d’annonces publiées au BODACC depuis 2008. D’après nos mesures, l’API de l’INPI coupe chaque compte au-delà de 10 000 requêtes ou de 10 Go par jour : un rattrapage ne se fait pas d’une traite, il s’étale sur des jours et reprend chaque nuit là où il s’est arrêté.
  • Des données à nettoyer. Le registre contient des dates impossibles (en l’an 6, en 9999), des bouche-trous (des centaines de milliers d’établissements « créés » le 1er janvier 1900), un même arrondissement de Paris écrit de dix façons (« PARIS 8 », « PARIS 08 », « Paris 8e Arrondissement »…), des codes d’activité de nomenclatures abandonnées depuis 2008. Sans ce travail, un filtre par ville ou par activité oublie une partie des entreprises.
  • Des sources à rapprocher. L’identité vient d’un fichier, les comptes d’un autre, les annonces légales d’un troisième, les sites internet d’aucun : il faut tout relier par le SIREN, et regrouper les annonces d’une même procédure collective pour savoir si elle est encore en cours.
  • Des contacts qu’aucun registre ne donne. Pour trouver les sites des entreprises, nous visitons un par un les 4 590 553 noms de domaine en .fr encore actifs — l’AFNIC en liste 10,1 millions, retirés compris — et lisons le SIREN publié dans leurs mentions légales, quand il y en a un. Encore faut-il ne pas confondre l’éditeur du site avec son hébergeur, que la loi oblige aussi à nommer, ni avec l’agence qui l’a réalisé. Résultat : 752 869 entreprises actives avec un site rattaché.
  • Une base qui vieillit chaque jour. Environ 10 500 annonces paraissent au BODACC chaque jour, des milliers de formalités modifient le registre : une base scrapée une fois est fausse au bout de quelques semaines. Il faut la rejouer chaque nuit.
Entreprises actives avec un site internet rattaché, par grand secteur
  • Commerce, réparation automobile17 %129 448
  • Activités spécialisées, scientifiques et techniques16 %122 091
  • Construction11 %85 804
  • Information et communication8 %60 947
  • Industrie manufacturière8 %57 062
  • Services administratifs et de soutien6 %47 223
  • Autres activités de services6 %46 138
  • Hébergement et restauration6 %41 639

Source : registre national des entreprises (INPI), traitement Checkers et sites des entreprises, au 2 novembre 2026

Où trouver les données d’entreprises gratuitement ?

Les données d’identité sont publiques et gratuites, à la source :

  • Le répertoire Sirene de l’INSEE, téléchargeable en entier sur data.gouv.fr et mis à jour chaque mois : toutes les entreprises et tous leurs établissements, avec leur activité, leur adresse et leur tranche d’effectif — mais pas leurs dirigeants, que l’INSEE ne diffuse pas en open data.
  • L’API Recherche d’entreprises de l’État, interrogeable sans compte, entreprise par entreprise ou par critères, dirigeants compris. Elle est faite pour chercher, pas pour extraire : sept requêtes par seconde au plus, vingt-cinq résultats par page, et jamais plus de 10 000 résultats pour une même recherche.
  • Le registre national des entreprises de l’INPI : formalités, dirigeants, actes et comptes annuels non confidentiels, accessibles avec un compte gratuit, sous une licence propre qui encadre leur réutilisation, et dans la limite de quotas quotidiens.
  • Le BODACC, dont les annonces (créations, ventes, procédures collectives, radiations) sont publiées en open data.

Ces sources suffisent pour vérifier une entreprise ou pour un projet de données mené par une équipe technique. Pour prospecter, il leur manque ce qui prend du temps : le rapprochement de tout cela en une ligne par entreprise, les coordonnées, la mise à jour quotidienne, et un outil pour filtrer et exporter. C’est ce travail que l’on paie quand on achète un fichier — ou que l’on fait soi-même quand on le scrape.

Combien coûte une base de données B2B ?

Trois manières de payer une base de données B2B, et trois coûts très différents :

  • Scraper : pas de facture, mais des semaines de développement, des serveurs, souvent des adresses de proxys, et une maintenance sans fin — chaque changement de page du site source casse le programme.
  • Acheter ou louer un fichier auprès d’un courtier en données : le prix dépend du volume, des champs fournis (une adresse e-mail nominative coûte plus cher qu’une adresse postale) et de la durée d’usage, une location limitant souvent le nombre d’envois.
  • Exporter une liste depuis un annuaire qui tient déjà la base à jour : on paie à la ligne ou par abonnement, et le fichier est à soi.

Sur Checkers, l’export se paie à la ligne, une seule fois, avec un prix dégressif : chaque tranche de lignes est facturée à son propre tarif, si bien que le prix n’augmente jamais plus vite que le fichier. Commande minimale : 5,00 € HT.

Prix d’une ligne d’entreprise exportée sur Checkers (hors taxes)
TranchePrix de la ligne
De 1 à 10 000 lignes2,5 centimes
De 10 001 à 100 000 lignes1,5 centime
De 100 001 à 500 000 lignes0,8 centime
Au-delà de 500 000 lignes0,5 centime

Source : Tarifs de Checkers au 2 novembre 2026

Trois fichiers de prospection, et leur prix
CiblageEntreprises activesPrix HT
Entreprises de conseil aux entreprises (70.22Z) à Paris, avec un site internet7 869196,73 €
Entreprises de maçonnerie et de gros œuvre (43.99C) en Bretagne5 252131,30 €
Sociétés créées en 2025 dans le Nord, encore actives7 750193,75 €

Source : registre national des entreprises (INPI), traitement Checkers, au 2 novembre 2026 ; tarifs de Checkers

Le prix ne dépend pas des colonnes choisies : dirigeants, finances, établissements et contacts sont compris. Avant de payer, un aperçu gratuit de 10 lignes montre exactement ce que contiendra le fichier.

Les autres annuaires d’entreprises vendent aussi des exports, avec d’autres modèles : abonnement mensuel, crédits, prix calculé à la commande. Voici ce que publient leurs pages de tarifs, quand elles en publient.

Prix publiés pour exporter des entreprises, au 2 novembre 2026
ServiceModèlePrix publié
SocieteInfoCrédits : 1 crédit par ligne exportéeDe 0,25 € à 0,05 € le crédit à l’unité, selon le volume
Societe.comAbonnements avec crédits ; prix de l’export calculé dans l’outilPlus 19,90 € HT et Pro 49,90 € HT par mois, sans engagement
CheckersÀ la ligne, sans abonnementDe 2,5 centimes à 0,5 centime HT la ligne, selon le volume

Source : Pages de tarifs de SocieteInfo et de Societe.com, lues le 2 novembre 2026 ; tarifs de Checkers

Une ligne ne contient pas les mêmes champs d’un service à l’autre, et les offres changent : la comparaison se fait sur l’aperçu, avant la commande. Pappers ne figure pas dans ce tableau : nous n’avons pas pu lire de grille publique de ses exports.

Comment créer un fichier de prospection B2B en quelques minutes ?

  1. Poser les critères dans la recherche avancée : activité (code NAF ou grand secteur), commune, département ou région, forme juridique, date de création, effectif, chiffre d’affaires, présence d’un site internet, procédure collective. Le nombre d’entreprises correspondantes s’affiche à chaque filtre.
  2. Affiner jusqu’à une liste à sa mesure : les 90 652 entreprises de conseil actives à Paris deviennent 7 869 si l’on ne garde que celles qui ont un site internet.
  3. Choisir les colonnes (entreprise, finances, site et contacts, dirigeants, établissements), le format — Excel ou CSV — et télécharger l’aperçu gratuit.
  4. Payer puis exporter : le fichier est généré en quelques minutes et reste téléchargeable 30 jours. Un CSV s’ouvre directement dans Excel (séparateur point-virgule, accents conservés, formules neutralisées).

Les 7 869 entreprises de conseil actives à Paris qui ont un site internet, prêtes à exporter.

Voir la liste

Avant de démarcher une entreprise de la liste, sa fiche dit en un coup d’œil si elle est en procédure collective, qui la dirige et ce que disent ses derniers comptes — voir notre guide pour vérifier la solvabilité d’une entreprise.

Quelles coordonnées peut-on utiliser pour prospecter (RGPD) ?

Prospecter des professionnels par e-mail n’exige pas leur accord préalable : selon la CNIL, la démarche peut reposer sur l’intérêt légitime de l’entreprise qui prospecte, à condition que le message soit en rapport avec la profession de la personne — un logiciel présenté à un directeur informatique —, que celle-ci soit informée et qu’elle puisse s’opposer simplement et gratuitement aux envois suivants. Les adresses génériques (contact@, info@), qui désignent une entreprise et non une personne, échappent à ces règles.

Une donnée publique reste une donnée personnelle. Qui réutilise des coordonnées trouvées en ligne doit en informer la personne au plus tard au premier contact, en lui disant d’où viennent ses données.

Les coordonnées d’un export Checkers sont celles que l’entreprise publie elle-même sur son site — le site qui porte son SIREN, ou dont le domaine est exactement son nom. Aucune n’est déduite, achetée ou reconstituée à partir d’un nom de dirigeant. Les dirigeants, eux, sont des personnes physiques : leur nom et leur fonction viennent du registre public, mais les démarcher reste soumis aux règles de la prospection, droit d’opposition compris.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une base de données B2B ?

C’est une liste d’entreprises, et non de particuliers, assez complète pour choisir lesquelles démarcher et pour les joindre : identité (SIREN, adresse, forme juridique), activité, taille, dirigeants, finances et coordonnées. Sa valeur tient à son exactitude, à sa fraîcheur et à la possibilité de la filtrer par activité et par territoire.

Est-il légal de scraper des données d’entreprises ?

Le procédé n’est pas interdit en soi, mais il se heurte aux conditions d’utilisation des annuaires, qui interdisent l’extraction automatisée, au droit du producteur de base de données (articles L342-1 et L342-2 du code de la propriété intellectuelle, dont l’atteinte est un délit) et, pour les dirigeants et les adresses nominatives, au RGPD : la CNIL a sanctionné Kaspr de 240 000 € en 2024 pour avoir aspiré des coordonnées sur LinkedIn. Le répertoire Sirene étant publié gratuitement sous Licence ouverte, mieux vaut partir de cette source.

Où trouver une base de données d’entreprises gratuite ?

Le répertoire Sirene de l’INSEE se télécharge gratuitement sur data.gouv.fr, chaque mois, sans les dirigeants ; l’API Recherche d’entreprises s’interroge sans compte, à sept requêtes par seconde et 10 000 résultats par recherche au plus ; le registre national des entreprises de l’INPI donne accès aux formalités et aux comptes annuels non confidentiels. Aucune de ces sources ne fournit les coordonnées des entreprises, ni un fichier prêt à filtrer et à exporter.

Combien coûte un fichier de prospection B2B ?

Cela dépend du volume, des champs et de la durée d’usage. Sur Checkers, une ligne d’entreprise coûte 2,5 centimes hors taxes jusqu’à 10 000 lignes, puis moins au-delà, avec une commande minimale de 5,00 € HT : un fichier de 7 869 entreprises revient à 196,73 € HT, dirigeants, finances et coordonnées compris.

Comment créer un fichier de prospection sur Excel ?

Le plus rapide est de partir d’une liste déjà filtrée : dans la recherche avancée de Checkers, on pose ses critères (activité, territoire, taille, date de création), on vérifie l’aperçu gratuit, puis on exporte le fichier au format Excel ou CSV. Il ne reste qu’à ajouter ses propres colonnes de suivi : date de contact, interlocuteur, statut.

Méthodologie et sources

Entreprise active. Entreprise immatriculée et non radiée du registre national des entreprises au 2 novembre 2026. Société commerciale. Catégorie juridique 5 de l’INSEE : SAS (dont SASU), SARL (dont EURL), SA, SNC, sociétés en commandite. Comptes publiés et lisibles. Au moins un exercice déposé sans déclaration de confidentialité, quelle que soit sa date.

Site rattaché. Un site dont les pages publient le SIREN de l’entreprise dans un contexte d’éditeur — pas d’hébergeur ni de prestataire —, ou dont le nom de domaine reproduit exactement sa dénomination, quand une seule entreprise active la porte. Un même site peut avoir été écarté faute de preuve : le chiffre est un minimum. Les grands secteurs suivent la nomenclature NAF rév. 2 ; les entreprises qui portent encore un code d’une nomenclature antérieure sont rangées d’après les deux premiers chiffres de ce code.

Durée de lecture. Le calcul d’une page par seconde est un ordre de grandeur : il suppose une seule page par entreprise et aucun blocage. Construction de la base. Volumes relevés dans la documentation du pipeline de Checkers à la date de l’article. Prix. Grille de Checkers à la même date, hors taxes.

Les chiffres du registre se refont dans la recherche avancée avec les filtres « Statut », « Forme juridique », « Activité », « Lieu », « Date de création » et « Site internet » ; le prix de chaque fichier s’y affiche avant la commande.

Chiffres extraits le .